Une succession d’images attire étrangement l’œil du spectateur. Des gros plans sur des visages. Puis des murs blancs, des traces, des mesures, du sang, beaucoup de sang. Le clap « Hiroshima, April, 5th » à l’écran. Le contexte est posé. La Bobine 11004 vous mène dans les centres médicaux d’Hiroshima et de Nagasaki, après les explosions atomiques. Vous êtes face aux « hibakusha », les survivants des bombes, dont les regards fixes et poignants évoquent la détresse, la douleur. Les plans serrés sur les visages le sont aussi sur les brûlures et cloques, parfois à vif. Les médecins japonais n’ont pas le droit de parler des maladies atomiques parce que l’armée américaine met rapidement en place un code de censure. Dès 1946, la bobine est classée « secret défense ».

Un film d’archives magnifiquement monté, dur, muet, cruel, qui fait réfléchir. L’intégration de textes de presse, de témoignages, de reconstitutions sonores apporte de l’explicitation et la compréhension des faits. Un film de 19 minutes saisissant nécessaire pour témoigner, discerner, dénoncer les non-dits et mensonges de l’histoire nucléaire.  

 

Audrey