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Si vous ouvrez l’album, les 1ère et 4ème de couverture face à vous, vous verrez une brochette d’animaux qui vous tournent le dos, et cette question : les animaux seraient-ils plus engagés que nous ? De quel engagement peut-il bien s’agir ? 

Un oiseau a arrêté de chanter. Puis tous les oiseaux. Puis, ce sont tous les animaux de la planète qui ont arrêté leur activité. Puis ce fut le tour des enfants ! Le suspense s’amplifie et l’atmosphère devient presque inquiétante et menaçante. La narration, nerveuse et sobre, est portée par des phrases courtes et sentencieuses. L’illustration est également mise au service de la narration : réalisées avec seulement trois teintes, le bleu, le rouge et le vert, les illustrations offrent une densité de couleurs époustouflante et créent un décor exubérant de végétaux en papier découpé. 

Enfin, une double page blanche ne comportant que quelques mots vient mettre un terme à l’attente « le monde n’était plus que silence ». Mais il faut attendre les 2 dernières doubles pages, pour obtenir une explication : l’oiseau qui s’était arrêté de chanter semble s’étouffer et finit par recracher un bouchon de bouteille en plastique ! Le voici l’objet de la révolte animale et enfantine ! Aucun texte dans ces doubles pages car les illustrations suffisent à dénoncer la société de consommation et les menaces qu’elle fait peser sur les espèces. 

Dans ce bel album engagé, Eduarda Lima appelle à la révolte et à la dénonciation des ravages de notre société. Le bleu, le rouge et le vert deviendront-ils les couleurs de la révolte ? 

Stéphanie