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Ados en bibliothèque rurale : médiations culturelles au-delà du livre

Reconnaître les cultures adolescentes, réduire les inégalités d’accès, renforcer l’autonomie.

groupe de jeunes assis sur une estrade et regardant le spectateur

 

En bibliothèque rurale, la question n’est pas seulement « comment faire lire ? », mais comment faire place aux cultures adolescentes : écrans, musique, jeu, création, sociabilités… et, parmi tout cela, des livres.

Les pratiques culturelles des ados se recomposent : le temps d’écran est massif, les formats se diversifient (podcasts, numérique, séries, manga/webtoon), et les usages se font souvent en simultané.

 

Partir des pratiques réelles (et arrêter l’opposition livre/écrans)

 

L’étude CNL/Ipsos montre un décrochage de la lecture de loisir à l’adolescence, tandis que le temps d’écran monte fortement (en moyenne 3h11/jour hors scolaire, jusqu’à 5h10 chez les 16–19 ans). Mais elle montre aussi des usages hybrides : progression de la lecture sur écran (souvent sur smartphone), essor des livres audio et des podcasts, et lecture « multitâche » pour une part importante des jeunes lecteurs.

👉Une médiation efficace ne moralise pas les écrans ; elle s’appuie sur eux comme porte d’entrée vers des savoirs, des pratiques créatives et une autonomie culturelle.

 

En milieu rural comme ailleurs, l’enjeu central est l’hospitalité et la légitimité

 

Les adolescents ont droit à des services de bibliothèque de même qualité que les autres publics, et ces services gagnent à être pensés avec eux (conception, mise en œuvre, évaluation). Dans les petites communes, la médiation commence souvent par des signaux simples : un lieu où l’on peut entrer sans justification, rester, parler, tester, revenir — bref, un espace de confiance.

 

Médiations : livre, mais aussi son, image, jeu, numérique, création

 

L’offre ado doit être multi-supports : imprimés, audio, multimédia, jeux, ressources en ligne, et équipements adaptés. Les données CNL/Ipsos confirment que ces formats (numérique, audio/podcasts) correspondent à des pratiques installées. Voici quelques idées :

  • Médiation par le son : atelier podcast (chroniques culture, « 3 minutes pour recommander », micro-trottoir), écoute collective commentée, initiation au montage.
  • Médiation par l’image : mini-club séries/animé (analyse d’épisodes, thèmes, musiques, making-of), atelier story-board, critique vidéo courte.
  • Médiation par le jeu : tournois/soirées découverte.
  • Médiation numérique : découverte de ressources en ligne, création graphique, photo/vidéo mobile, ateliers « esprit critique » (info, réseaux, IA), dans la logique de médiation numérique portée par les bibliothèques.

👉Le livre reste présent, mais comme une ressource parmi d’autres, mobilisée au bon moment (adapter, prolonger, documenter, enrichir).

 

Co-construction et participation

 

La participation des jeunes (co-programmation, participation à l’aménagement, conseil d’ado) et le partenariat avec les acteurs locaux (écoles, structures jeunesse, services sociaux, associations) sont des vecteurs d’engagement et d’identification. Les retours de terrain soulignent aussi l’intérêt d’actions régulières et adaptées aux groupes, y compris dans des accueils encadrés type collège.

 

Pour approfondir :

 

📌La MDA vous propose sa sélection « Pratiques culturelles des ados et médiations en milieu rural » :

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