Ma vie avec James Dean

heart-2806721_640.jpgDVD FICTION ADULTE

Ma vie avec James Dean
Dominique Choisy
Optimale, 2019

Le jeune réalisateur Géraud Champreux est invité par l’association "Les Écrans de la Côte" à présenter au cinéma du Tréport son premier long métrage, Ma Vie avec James Dean. À son arrivée dans cette improbable ville du bout de la terre, il est loin d’imaginer que sa vie est sur le point d’être bouleversée. De rencontres détonantes en projections décevantes, de virées en chalutier en folles courses poursuites, Géraud va trouver une nouvelle inspiration et peut-être même l’amour !

Voilà un film inattendu. Inattendu, parce que je n’en avais jamais entendu parlé et inattendu parce qu’il a été un véritable coup de cœur. Tantôt tendre, tantôt burlesque, tantôt loufoque, mais toujours drôle, il n’est pas sans rappeler les comédies un peu déjantées du cinéma espagnol, mais avec moins de soleil et en plus normand. Si vous voulez passer un bon moment avec une comédie romantique atypique et sans prétention, et continuer votre journée avec le sourire aux lèvres, il ne faut pas hésiter.

Stéphane

L'or blanc de Camargue

or_camargue.jpgDVD DOCUMENTAIRE ADULTE

L'or blanc de Camargue
Isabelle Hos
Prime Entertainment Group

L’or blanc de Camargue est un court métrage sur le sel produit en Camargue.  Né de la mer, du soleil et du vent, le sel est utilisé par l’homme depuis la Préhistoire. Dans son assiette, mais aussi plus récemment dans l’industrie chimique pour le salage des routes ou le traitement des eaux. En Camargue, au milieu d’une nature sauvage et d’une biodiversité rare, des milliers d’hectares sont consacrés à la culture de ce précieux condiment. Les sauniers, en véritables gardiens des salins, accompagnent patiemment le travail de la nature dans le mouvement des eaux et des vents.

J’ai beaucoup aimé ce film car il explique clairement la problématique du sel en Camargue dans un format court (26 minutes). Les portraits de sauniers nous montrent des personnes passionnées par leur métier ancestral, en perpétuelle évolution. Il est intéressant aussi de constater que le domaine du sel est lui aussi touché par les enjeux sociaux économiques actuels. En résumé, à travers une région, le documentaire nous offre des clés pour comprendre des enjeux nationaux.

Le film nous donne également à voir la beauté de la Camargue, une beauté singulière avec une histoire forte et méconnue à découvrir. D’ailleurs, la ville d’Aigues-Mortes fait de nombreuses expositions sur ce thème. Si vous voulez en avoir un aperçu, je ne peux que vous conseiller de profiter du documentaire.

Amateurs de sel ou curieux, laissez-vous tenter par la découverte d’un aliment et d’une région qui valent de l’Or !

Alexandra

Les noces de la renarde

heart-2806721_640.jpgROMAN ADULTE

Les noces de la renarde
Floriane Soulas
ScriNeo, 2019

1461, Japon. Hikari, femme renarde vit avec ses sœurs dans la forêt. Fascinée par les humains, elle s’intéresse de près aux villageois et plus particulièrement à Jun l’un des bûcherons. Mais tout contact avec les humains est formellement interdit par son clan et Ino, leur chef, n’attend qu’un faux pas pour se débarrasser de la jeune femme, trop puissante à son goût.

2016, Tokyo. Mina a le pouvoir de côtoyer les yokaïs, esprits et monstres du folklore japonais. Mais ce pouvoir dont elle ignore l’origine l’effraie. Pourtant, Natsume, une fille de sa classe, va l’entrainer dans le monde des petits dieux pour traquer un démon tueur en série. Sans compter qu’elle va devoir affronter l’esprit qui tente de s’introduire dans ses rêves…

Deux époques, deux histoires où tout est lié pour évoquer deux mondes qui s’affrontent, celui des petits dieux dont la puissance décline à mesure que vient le temps des hommes. Floriane Soulas nous livre ici une très belle histoire mêlant quête d’identité et désir d’émancipation ainsi qu’une superbe plongée dans le folklore japonais. Après Rouille, qui a reçu le Prix Imaginales des Lycéens 2019, Floriane Soulas semble être une autrice française de SF/fantasy à suivre !

Pauline

Les larmes

heart-2806721_640.jpgALBUM JEUNESSE

Les larmes
Sibylle Delacroix
Bayard jeunesse, 2019

Vous vous souvenez de Graines de sable ? Ce magnifique album jaune comme le sable qui après lecture nous donnait l’impression d’avoir encore des grains entre les orteils. Et bien voilà c’est tout aussi beau !

Il arrive que nos yeux pleuvent, débordent de larmes, tout le monde pleure : les arbres, les garçons, les adultes, les filles et même les crocodiles. D’ailleurs ces derniers sont présents à chaque double page, comme peluche réconfortante, nuage, animal ou vague. Les larmes soulagent, nettoient après les larmes c’est un peu comme après la pluie le sourire, le soleil revient.

Sibylle Delacroix nous parle de moments douloureux sans être larmoyante, le choix des couleurs (dominance de vert) et des mots sont percutants pour une thématique pas souvent abordée en littérature jeunesse.

Un très bel album touchant et doux.

Nelly

Les fleurs de grand frère

heart-2806721_640.jpgBANDE DESSINÉE JEUNESSE

Les fleurs de grand frère
Gaëlle Geniller
Delcourt, 2019

C’est une réussite pour une première bande dessinée de cet auteur.

Durant les grandes vacances ont poussé des fleurs sur la tête de Grand Frère. C’est normal ? Faut-il les couper ? Le petit frère les trouve très belles et  Grand Frère décide de les accepter.

Histoire critique sur la différence, le regard d’autrui et l’acceptation de soi. L’auteur utilise les fleurs qui poussent sur la tête comme une métaphore de toutes sortes de handicaps.

On ne connaitra jamais le prénom de ce pré-adolescent nommé Grand Frère.

Un super graphisme et un dessin chaleureux donnent à cette bande dessinée un côté onirique où on se laisse emporter….

Maryline

Mon ado, ma bataille

heart-2806721_640.jpgDOCUMENTAIRE ADULTE

Mon ado, ma bataille
Emmanuelle Piquet
Payot, 2017

Attirée par le titre de cet essai (madeleine générationnelle, je pense), j’ai rigolé toute seule à la lecture de l’introduction. En effet, l’ouvrage commence en fanfare avec une anecdote hilarante – que je ne vais pas spoiler sinon ce ne serait pas drôle – au sujet du passage de l’épreuve de gym au sol du bac d’une des filles de l’auteure.

Emmanuelle Piquet, psychopraticienne et fondatrice des centres Chagrin scolaire et A 180°, a aidé pendant 10 ans parents et enfants à retrouver un dialogue apaisé et constructif. Ce livre est né de son agacement à voir fleurir chaque année des manuels de prise en main de cette machine étrange que serait l’adolescent, et surtout de leurs injonctions contradictoires qui mettent les parents dans l’insécurité. L’auteure, elle, ne croit pas aux modes d’emploi. Elle se base sur des études de cas concrets, issues de ses propres expériences.

L’approche est riche en paradoxes, et facilement déstabilisante pour les parents. Il faudra prendre sur soi pour accepter de dire à son ado : « tu sais mieux que moi ce qui est bon pour toi »… La liberté fait peur mais ça fait réfléchir ! La question importante à se poser c’est : est-ce que ce que je mets en place sur les devoirs, les écrans, les amis, etc rend autonome mon ado ? Et est-ce que cela optimise la relation entre nous ?

C’est vraiment là un élément central : c’est la relation avec l’ado qu’il convient d’apaiser, et non l’ado lui-même !

Violaine

J'irai voir

heart-2806721_640.jpgALBUM JEUNESSE

J'irai voir
Emmanuelle Bastien
L'agrume, 2019

J’irai voir le bord de mer, la brume, le grand océan, les neiges éternelles, le désert… puis j’irai me reposer, jusqu’à demain.

Grâce à un texte tout simple, mais pas dénué, de sens ce petit carré cartonné nous emmène en promenade à travers des éléments naturels.

Avec des aplats de couleurs et des découpes précises Emmanuelle Bastien transforme les paysages pour un voyage. Un changement de couleur et l’île inconnue devient une grotte par le simple fait de tourner la page !

De quoi ravir nos tout-petits et les yeux curieux…

Nelly

Le Gang des vieux schnocks

heart-2806721_640.jpgROMAN JEUNESSE

Le gang des vieux schnocks
Florence Thinard
Gallimard Jeunesse, 2019

Une vieille dame a été blessée suite au vol à l’arraché de son sac par un jeune homme encapuchonné. Un banal fait divers dans une ville où les vieux sont trop souvent invisibles.

Autour de Rose-Aimée le bras en écharpe, se regroupent Gisèle, Papi la ferraille, Victor l’artiste. Ce quatuor de compères atypiques forme Le gang des vieux schnocks à la manière des Vieux fourneaux.

Ils revendiquent le droit d’exister et fomentent une attaque odorante contre le boucher condescendant et aux tarifs exorbitants. Ils vont même attraper le voleur de sacs qui n’est autre qu’un jeune homme en décrochage scolaire qui traverse une mauvaise passe. Ce dernier est contraint d’aider Rose-Aimée pendant sa convalescence. Ils s’attachent à ce jeune homme qu’ils vont aider à leur manière. Pour ce faire, les vieux schnocks au grand cœur l’inscrivent au brevet avec l’épreuve reine de mécanique sur la 4L de Rose-Aimée.

Un roman drôle et pétillant qui fait du bien. Il nous montre que les vieux ont encore bien des choses à transmettre (et pas que leur héritage !), à nous apprendre (même sur la drague !) et à dire !

Valérie

Spaghetti wars

heart-2806721_640.jpgDOCUMENTAIRE ADULTE

Spaghetti wars : journal du front des identités culinaires
Tommaso Melilli
Nouriturfu, 2018

« Je pensais être cuisinier. Je pensais avoir eu la chance de choisir un métier beau, vieux et simple, et de l'avoir fait au moment même où ce métier devenait cool et intéressant aux yeux de tout le monde. Je pensais être cuisinier et j'ai découvert que j'étais un des nombreux soldats d'une guerre sans quartier ni tranchée ; une guerre invisible, qui oppose des troupes minuscules, inconscientes et désorganisées, qui se battent tous les jours sur plusieurs fronts sans savoir ce qu'il y a à gagner. »

Après le périple géorgien d’Alice Feiring au pays du vin naturel antique, Nouriturfu, jeune maison d’édition spécialisée dans le récit gastronomique « hors-piste », nous propose ce texte philosophico-culinaro-autobiographique (les mots nous manquent souvent face à ce type d’exercice littéraire…) de Tommaso Melilli, jeune cuisinier italien et hipster de 27 ans. Jeune et déjà ancien combattant des cuisines étoilées et des champs de bataille bistronomiques. Car la guerre des restos est selon lui déclarée. Tout porte à le croire à la lecture des multiples expériences et mésaventures de l’auteur dans un univers du goût peuplé de foodista intégristes, de clients malotrus et fortunés ou de cadres épuisés en mal de reconversion professionnelle. Melilli fait de son métier de cuisinier une vigie d’où il observe, avec force humour et références philosophiques originales et inattendues, les coups-bas et tartufferies d’un petit monde de la fourchette en pleine ébullition post-moderne ! Il en profite, tout de même, pour nous glisser ici ou là quelques recettes italiennes authentiques, pour faire bonne mesure…

Comme pour un accord met-vin, appairons notre platine à notre lecture et garnissons nos feuilles de choux avec Mesdames de la Halle, opérette-bouffe de Jacques Offenbach à l’ambiance fleurant bon les légumes primeurs !

Cyrille

Chut ! Il ne faut pas réveiller les petits lapins qui dorment

heart-2806721_640.jpgALBUM JEUNESSE

Chut ! Il ne faut pas réveiller les petits lapins qui dorment 
Amélie Jackowski
Éditions du Rouergue, 2019

Un imagier ? Une comptine ? Une histoire que l’on nous raconte avant de s’en dormir ?

Ce petit cartonné carré, où tout est rond, est tout cela et même plus. Les « héros de la nuit » sont là comme un inventaire, comme pour vérifier que tout est prêt pour s’endormir : les moutons, l’oreiller, les draps,  la grande ourses, les étoiles…

Le texte, très court, invite au sommeil, à l’apaisement, il est entrecoupé d’une ritournelle : Chut ! Il ne faut pas réveiller les petits lapins qui dorment qui donne un certain rythme à l’histoire. Les illustrations d’Amélie Jackowski sont tendres, simples mais parsemées de petits détails comme le papier plié à côté du bol de lait. L’harmonie entre les deux est parfaite. Ce livre est juste bien, à l’image des trois paires de bottes alignées de la plus grande à la plus petite.

N’hésitez pas c’est comme une petite douceur avant d’aller dormir.

Nelly