Cornichon Jim

heart-2806721_640.jpgROMAN JEUNESSE

Cornichon Jim
Benjamin Desmares
Rouergue, 2015

Lors d’une après-midi de jeu avec sa voisine Clémence, Victor Fauchoins alias "Cornichon Jim" s’est pris au jeu du détective privé.

C’est bien plus tard qu’un jeune garçon vient le solliciter et lui demander d’espionner sa mère, qui n’est autre que la directrice de son école.

Victor est un enfant vif et attachant, qui vit seul avec sa mère. Tous les soirs, il rend visite à son grand-père, atteint de la maladie d’Alzheimer. Il adore jouer aux billes comme un détective joue au poker. Il est tombé sous le charme de Clémence Dulac sans vouloir se l’avouer.  

Les fils de l’intrigue s’avèrent plus emmêlés que prévu et cette enquête amène plus de problèmes que de satisfaction à notre jeune héros qui jusque-là sans histoires, est accusé de vol, attrape une grosse fièvre et se retrouve convoqué dans le bureau de la directrice. La résolution de cette enquête aura aussi des répercussions sur sa famille et risque d’amener des personnages fâchés depuis des décennies à se rapprocher.

Valérie

Je ne sais rien de la Corée

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Je ne sais rien de la Corée
Arthur Dreyfus
Gallimard, 2017

« Je ne sais rien de la Corée ».

Qui n’a pas été percuté par cette affirmation lors de l’attribution des J.O d’hiver 2018 ?

La Corée ?

Le pays du Gangnam style, de Samsung, et de Kim Jong-un ?

Arthur Dreyfus est envoyé en Corée du sud par son éditeur pour écrire un carnet de voyage dans cette belle collection qu’est Le sentiment géographique.

Passée une entrée en matière faite de digressions qui peuvent un peu agacer, l’auteur nous immerge ensuite au pays du Matin calme. Il donne la parole à des personnes aux profils variés, aux histoires différentes et qui sont parfois en complet désaccord, restituant – en bon observateur - les contradictions et paradoxes des Coréens.

Le récit est très plaisant à lire, vivant, plein d’humour, parfois provocateur aussi, à l’image de son auteur. Ce qui amène l’un des guides coréens à avouer : « il faut que tu comprennes que nous, les Coréens, nous sommes timides. On ne fait pas exprès de ne pas être français. »

Après lecture de ce carnet, vous aurez envie d’en savoir encore plus sur la Corée !

Violaine

Imagine John Yoko

heart-2806721_640.jpgDOCUMENTAIRE ADULTE

Imagine John Yoko
John Lennon & Yoko Ono
EPA, 2018

Composé et présenté par Yoko Ono, l’épouse de John Lennon (assassiné par un fan déséquilibré en 1980), Imagine John Yoko retrace la genèse du légendaire album Imagine paru le 8 juillet 1971.

Nous entrons dans leur somptueuse et majestueuse demeure de Tittenhurst Park en Angleterre où l’album a été en parti enregistré. L’ouvrage nous transporte dans ces lieux de vie, d’amour et de travail avec de nombreux documents (photos, dessins, plans, panoramas faits à partir des plans fixes des films, …) et images d’archives inédites. Le livre explore tous les détails entourant la préparation de l’album. De nombreux témoignages de musiciens, de techniciens et d’ingénieurs du son, etc.… nous éclairent sur la façon de travailler de Lennon.

John Lennon doit son inspiration et l’écriture du morceau à un recueil de poèmes de son épouse paru en 1964. (Grapefruit). Ils s’étaient rencontrés quelques années auparavant lors du vernissage d’une exposition de Yoko Ono dans la galerie à Londres. Il avouera qu’elle aurait dû être créditée comme co-auteure, pour la « chanson du siècle », ce qui sera fait officiellement en juin 2017.

Un magnifique livre-hommage à John Lennon, à leur relation pendant cette période de grande effervescence créatrice et à leurs engagements pour la paix.

Vincent

Call me by your name

heart-2806721_640.jpgDVD FICTION ADULTE

Call me by your name
Luca Guadagnino
Sony Pictures Home Entertainment, 2018

Été 1983. Elio Perlman, 17 ans, passe ses vacances dans la villa du XVIIe siècle que possède sa famille en Italie, à jouer de la musique classique, à lire et à flirter avec son amie Marzia. Son père, éminent professeur spécialiste de la culture gréco-romaine, et sa mère, traductrice, lui ont donné une excellente éducation, et il est proche de ses parents.
Sa sophistication et ses talents intellectuels font d’Elio un jeune homme mûr pour son âge, mais il conserve aussi une certaine innocence, en particulier pour ce qui touche à l’amour. Un jour, Oliver, un séduisant Américain qui prépare son doctorat, vient travailler auprès du père d’Elio.
Elio et Oliver vont bientôt découvrir l’éveil du désir, au cours d’un été ensoleillé dans la campagne italienne qui changera leur vie à jamais.

La naissance du sentiment amoureux et plus exactement l’innamoramento italien, (mot intraduisible en français) est un thème classique au cinéma, mais peu de film l’auront traité de façon aussi naturelle, belle et émouvante. La découverte du désir, quelle que soit la personne qui en est l’objet, n’est pas une chose simple lorsque l’on a 17 ans et Luca Guadagnino a su faire resurgir à l’image (et surtout à leur visionnage) les sensations complexes qui pouvaient nous animer à l’adolescence. On y (re)plonge, on est bien, on a chaud et rapidement, ça nous remue de l’intérieur. De plus, les acteurs, Thimothée Chalamet et Armie Hammer en tête, sont bouleversants de sincérité.

Auréolé de nombreuses nominations (dont celle du Meilleur film aux Oscars) et de nombreux prix (Oscar de la meilleure adaptation littéraire), la critique et les spectateurs ne s’y sont pas trompés : Call me by your name est un film « beau et déchirant comme un premier amour ».

Vous pouvez aussi lire le livre en parallèle, ce qui vous permettra d’entrer dans la tête d’Elio : Appelle-moi par ton nom d’André Aciman.

Stéphane

Les croques : tuer le temps

heart-2806721_640.jpgBANDE DESSINÉE JEUNESSE

Les croques : tuer le temps
Léa Mazé
Édition de la Gouttière, 2018

Colin et Céline sont des jumeaux d’une dizaine d’années. Leurs parents sont plutôt austères et sévères, et pour cause… ils tiennent une entreprise de pompes funèbres, jouxtant un imposant cimetière. En raison de cette profession morbide, Colin et Céline sont les souffre-douleurs d’une partie de leur classe : « Ca pue le cadavre quand tu parles ! ». Mais les deux jumeaux ne se laissent pas faire, ils se battent souvent, et sont souvent punis en retour. Chargés à cette occasion de nettoyer le cimetière de fond en comble, ils passent du temps avec Poussin, le graveur de tombes, qui en plus de leur raconter des histoires idiotes de vampires et zombies, leur confie un mystère : des marques étranges sont gravées sur les tranches de certaines tombes… C’est le début d’un jeu de piste qui d’enfantin va vite se révéler macabre et inquiétant…

Léa Mazé, déjà remarqué pour son excellent Nora, prend le temps nécessaire pour nous livrer une description précise de la vie quotidienne de nos jeunes héros où la mort et l’étrangeté ont toute leur place. Puis elle nous oriente vers un thriller macabre, à hauteur d’enfant.

Un dessin stylisé, semi réaliste, une colorisation originale porteuse de sens, et un séquençage dynamique, tout est là pour que le lecteur s’immerge dans le récit avec une grande fluidité. Les petits riens deviennent subtilement des éléments importants, et le final nous fait attendre impatiemment les deux derniers volumes de cette trilogie.

Pas de temps mort dans ce premier tome justement nommé Tuer le temps» !

Caroline

Les optimistes

heart-2806721_640.jpgDVD FICTION ADULTE & DVD CULTURE BLEUE

Les optimistes
Gunhild Westhagen Magnor
Jour2Fête, 2015

 « Cette histoire raconte l’aventure d’une équipe de volleyeuses âgées de 66 à 98 ans.  Malgré le fait qu’elles n’aient pas eu d’entraînement depuis plus de 30 ans, ces mamies sportives n’ont peur de rien et veulent relever un nouveau défi : partir pour la Suède pour affronter des compétiteurs de leur taille, une équipe de seniors masculine.

Avant de disputer le fameux match, nos seniors  doivent trouver un sponsor et des survêtements. Mais la moindre des choses pour s’entraîner c’est qu’il a fallu convaincre l’entraîneur national  de les coacher. Elles ont dépassé leurs limites, en se levant le matin pour aller courir et mémoriser toutes les règles. » Extrait du site web passion volley-ball.

L’histoire de ces volleyeuses est une belle leçon de vie ! Un beau film inspirant, ou comme le disent les plus jeunes un « feel good movie » !

Au-delà de la victoire sur le vieillissement et la solitude, le film a décroché le prix Rayon de soleil au Festival du film norvégien 2013.

Christine

Sasha Waltz, a portrait

heart-2806721_640.jpgDVD DOCUMENTAIRE ADULTE

Sasha Waltz, a portrait
Brigitte Kramer
Arthaus Musik

C’est à Karlsruhe, en Allemagne, que Sasha Waltz fait ses premiers pas de danse. A Berlin, elle devient chorégraphe et a aujourd’hui une renommée internationale. Sa spécialité est d’investir et de danser dans des espaces vides, comme des musées. Elle crée ainsi un nouveau genre qui regroupe deux arts fondés sur l’espace : architecture et danse. Elle repousse les limites de chaque danseur ou spectacle en fonction du lieu occupé (opéra, théâtre…), et de ses caractéristiques (vitraux, bois, matériaux industriels, lieu de diffusion de musique…). Les danseurs de sa troupe apportent ainsi la forme qui correspond à l’espace.

Découvrez le parcours de 2005 à 2013 de cette chorégraphe emplie d’humanité et de créativité.

Sasha Waltz a obtenu le prix Europe Nouvelles Réalités Théâtrales en 2008, et a reçu les insignes d’officier dans l’Ordre des Arts et des Lettres en 2009.

Audrey

Pablo et Floyd sur le bord de l’invisible

heart-2806721_640.jpgALBUM JEUNESSE

Pablo et Floyd sur le bord de l'invisible
Michel Galvin
Rouergue, 2018

Michel Galvin est doté d’une imagination débordante. Après La vie rêvée, pépite du meilleur album au salon du livre de jeunesse à Montreuil, le voici de retour avec cet album qui embarque le petit lecteur à la recherche de l’invisible.

« Les artistes sont un peu comme des fous. Ils voient des choses que les autres ne voient pas » nous dit le texte. Sont mis en scène Pablo, ersatz du grand maître de l’art moderne, et Floyd, son ami, flamand rose (révélé dans les dernières pages), au bec tout ratatiné à force de se cogner dans le réel… Floyd accompagne Pablo qui peint le paysage, les arbres, les rochers couleur azur (« c’est ma période bleu ! » dit-il !). Pablo révèle ce qui ne se voyait pas, et qui attendait d’être révélé au grand jour. Accessoirement, cela permet aussi à Floyd d’éviter de se cogner dessus… L’artiste nous embarque dans son imaginaire et embellit tout simplement la vie.

Pablo et Floyd c’est un album référencé, décalé et poétique, d’une grande puissance et d’une grande finesse. Exigent mais ludique, il livre une réflexion sur le pouvoir et le rôle de l’artiste qui interpelle le lecteur mais qui ne lui est pas imposée, plusieurs niveaux de lecture étant possibles…

Surprenant, intéressant et amusant.
Caroline

Dancers

heart-2806721_640.jpgROMAN ADULTE (YOUNG ADULT)

Dancers
Jean-Philippe Blondel
Actes sud, 2018

Anaïs, Adrien et Sanjeewa partagent la passion du hip-hop. Chacun a sa façon de danser : Anaïs, ancienne gymnaste, est tout en contrôle et réflexion. Elle s’entraîne et répète inlassablement, tandis qu’Adrien est dans le lâcher-prise, dans une forme d’animalité qui l’emmène parfois dans un autre monde. Sanjeewa, quant à, lui danse comme personne d’autre : d’origine sri lankaise, la danse est pour lui naturelle. Il accomplit des pas audacieux et inconnus des autres danseurs. Trois danseurs, trois caractères très différents : Anaïs est sérieuse, déterminée et blessée. Adrien est fougueux, teigneux et renfermé. Sanjeewa est solaire, attentif et bienveillant.
 
Une fille et deux garçons. Un trio amoureux. Des duos de danse tout d’abord : Anaïs et Adrien, puis Anaïs et Sanjeewa. L’amour, l’attachement, la déception, etc. Les sentiments évoluent et avec eux la personnalité des héros et plus particulièrement d’Adrien. Y aura-t-il un duo final ?

Stéphanie

Les quatre saisons

heart-2806721_640.jpgDOCUMENTAIRE JEUNESSE & DOCUMENTAIRE CULTURE BLEUE

Les quatre saisons
Jessica Ho Bontemps & Chloé Fournier
Rusti'Kid, 2018

Ce livre propose de nombreuses activités qui permettent de nous inscrire dans le cycle des saisons qui se succèdent et se répètent.

Certes, cet ouvrage s’adresse aux plus jeunes et à ceux qui les encadrent mais aussi me semble-t-il à tous ceux qui, alités ou contraints, ne peuvent plus admirer le défilé des nuages ni des fourmis ! Cet ouvrage nous invite à prendre conscience des richesses de cette nature qui nous entoure, à lui ouvrir les portes, à interagir avec elle tout en apprenant à la respecter.
Anatole France disait « Nous vivons trop dans les livres et pas assez dans la nature ». J’ajouterais que depuis, nous vivons trop devant nos écrans !

Alors pourquoi ne pas piocher dans ce livre une idée ou un prétexte propice à mettre nos manteaux et à sortir, à être en plein air, à observer ce qui nous entoure, à écouter le cœur d’un arbre par exemple, à créer des objets en détournant des éléments naturels, à faire une couronne de fleurs,  à cueillir et cuisiner des aliments de saison.

Rendez-vous dans la forêt d’à côté !

Valérie

Sur le ciel effondré

heart-2806721_640.jpgROMAN ADULTE

Sur le ciel effondré
Colin Niel
Le Rouergue, 2018

« La nature a horreur du vide, alors la jungle… »

Voici une phrase tirée du tout début de ce fabuleux roman et qui résume à elle seule ce qu’est Sur le ciel effondré. C’est donc un livre plein. Un livre tellement plein qu’il est très difficile d’écrire tout ce que l’on souhaiterait dire sur lui.

Pour la quatrième fois, Colin Niel nous immerge en Guyane, cette Guyane qu’il aime tant. C’est sans doute ce qui ressort le plus : chaque mot, chaque phrase, chaque description est un simple cri d’amour qui transperce notre imagination. Les images sont portées par le style. Ne nous y trompons pas : nous sommes loin du polar bavard et rapide qui calque son rythme sur celui d’un épisode des Experts. Là, on nous prend, on nous plonge, on nous caresse et très vite nous ressentons cette humidité sur notre peau, l’odeur particulière de la nature après l’orage, on hume la Guyane comme si on y était, et parfois, ça pue !  Car nous ne sommes pas pour autant dans une brochure touristique. Colin Niel n’est pas un guide vantant la douceur de vivre créole. Il nous dépeint ce département sans fard, avec ses problèmes, ses contradictions, et ce qui fait de ce territoire français une terre à la fois éloignée et si proche de nous. Il pose les choses. Les mets face à nous : la pauvreté, l'alcoolisme, la place des Amérindiens, les gangs… À aucun moment il n’y a de jugement ou de parti pris (après réflexion, exception faite d’une pointe d’agacement envers les Évangélistes peut-être). Colin Niel est scientifique. Il décrit ce qui est, en n’omettant aucun détail et sait rester objectif. Pourtant, le thème principal du roman, l’exploitation aurifère en Guyane, était clairement casse-gueule et aurait vide pu dégénérer en un "pour ou contre".

Et que dire de l’histoire ? Pardon, des histoires. Elles coulent le long du livre, s’entrecroisent, se coupent ou s’explosent les unes contre les autres, comme les légendes et les croyances d’hier contre le mur de la modernité de notre époque. De la même manière, il n’y a pas de personnage principal. Il y a des protagonistes. Nous retrouvons, bien entendu, le capitaine Anato, mais il accompagne les autres : Blakaman, Tapwili, Tipoy ou Chirac. Chacun avec ses bagages, ses blessures, ses croyances et ses doutes. Et tous tournent autour de ce point central qu’est le Haut-Maroni et les mythiques Tumuc-Humac.

Avec ce livre, la Guyane vous attrape, vous raconte ses légendes, son passé, son présent et ses histoires. Elle ne vous lâchera pas. Et nulle besoin d’avoir lu les trois premiers tomes pour dévorer celui-là. Mais ne soyez pas dupe… Ils ont d'ailleurs été réédités en intégrale sous le titre La série guyanaise.

Après le remarquable, et remarqué, Seules les bêtes (auréolé de nombreux prix), Colin Niel, avec Sur le ciel effondré, nous prouve encore une fois (s’il le fallait encore !) qu’il n’est pas un simple auteur de polar. Il fait partie de ces écrivains qui (re)donnent ses lettres de noblesse au genre policier.

Stéphane

Sur le ciel effondré est aussi disponible en numérique.
Seules les bêtes est disponible en numérique et en édition gros caractères.

Saravah : c'est où l'horizon ? 1967-1977

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Saravah : c'est où l'horizon ? 1967-1977
Benjamin Barouh
Le mot et le reste, 2018

Nées en 1966 de la complicité de Pierre Barouh, Francis Lai et Claude Lelouch, les éditions Saravah deviennent dès 1968, via leur label et studio installés à Montmartre dans le passage des Abbesses, un véritable vivier d'expérimentations et de rencontres.

Fils de Pierre et de Dominique, Benjamin Barouh, né en 1970, nous livre ici un document exceptionnel. Témoin privilégié, mais précoce, des années folles du label musical créé et porté à bout de bras par son père, il tend le micro aux principaux protagonistes de cette aventure pour une chronique chorale d’une période unique de la création musicale en France. Pendant dix ans, Saravah va incarner l’âme de 68 dans ce qu’il a de plus expérimental, frondeur et authentique. Artistes et musiciens, mais aussi techniciens et collaborateurs croisent leurs souvenirs parfois amers, souvent cocasses, et dessinent une époque pionnière de libération créatrice totale.

Porte d’entrée évidente de cet univers musical et sonore foisonnant, l’écoute du disque 10 ans de Saravah (Saravah, enreg. 1968-1978 ?) produit pour les 10 ans du label et réédité en CD s’impose aussi comme la bande-son idéale de cet ouvrage passionnant.

Cyrille

Claude et Morino

heart-2806721_640.jpgBANDE DESSINÉE JEUNESSE

Claude et Morino
Adrien Albert
L'école des loisirs, 2018

Tous les soirs, avant de se coucher, Morino le jeune taureau boit une tisane. Et tous les soir après s’être couché, il doit se relever pour faire pipi. Il a donc aménagé une trappe spéciale pipi dans sa caravane-maison pour ne plus avoir à sortir lorsque l’envie lui prend. Un soir, son pipi réveille Claude, un squelette qui dormait sous la terre. Ce petit incident engendre une véritable malédiction ! Claude et Morino, liés à jamais par ce pipi inopportun, ne peuvent plus se séparer sous peine d’exploser ! C’est le début d’aventures palpitantes et loufoques pour notre duo inattendu…

Claude et Morino est une bande dessinée très drôle, pleine de tendresse, avec du suspens, des rebondissements, et surtout, des moules qui chantent du Baudelaire... Le tout est servi par une illustration aux couleurs franches, pleine de peps.

On ne peut qu’espérer que ce premier volume marque le début d’une longue série d’aventures !
Caroline

Le racisme est un problème de blancs

heart-2806721_640.jpgDOCUMENTAIRE ADULTE

Le racisme est un problème de blancs
Reni Eddo-Lodge
Autrement, 2018

Dans cet essai,  Reni Eddo-Lodge commence par expliquer comment elle a renoncé à parler de racisme avec les blancs. Alors que certains pensent que la société  post-raciale est advenue, elle témoigne de l’aveuglement de ses interlocuteurs quand  elle essaie d’évoquer avec franchise les questions raciales. Il est lui est  impossible de parler du privilège blanc sans provoquer une perplexité ou un blocage. Pour cela et malgré cet état de fait, elle engage une réflexion intéressante dans ce documentaire.  Reni Eddo-Lodge  revient sur l’histoire des tensions raciales en Grande-Bretagne, interroge le féminisme, qui selon elle, ne combat  pas toutes les formes de domination et réfléchit sur les liens entre la classe sociale et la race. L’auteur distingue les préjugés du racisme structurel qui réduit les chances de réussite des individus. Cet essai  mélange son expérience personnelle, des témoignages  et des études référencées,  le texte est dynamique et agréable à lire. Son point de vue intéressant et engagé nous  permet de faire un pas de côté et de nous interroger sur les tabous qui pèsent dans  notre société.

Patricia

Nino Ferrer, un homme libre

heart-2806721_640.jpgDOCUMENTAIRE ADULTE

Nino Ferrer, un homme libre
Henry Chartier
Le mot et le reste, 2018

Tout le monde connait  et a fredonné des chansons  de Nino Ferrer (1934-1998) comme Téléfon, Ho ! Hé ! Hein ! Bon !, Les cornichons, chansons humoristiques qui ont fait son succès populaire et financier  mais que le chanteur n’aimait pas particulièrement. Il ne supportait pas que sa carrière fût réduite  à ces quelques titres. Cette  image « d’amuseur publique »deviendra vite pesante pour lui.

Le bonhomme était un artiste complexe, multiple, torturé, exigeant et qui a toujours eu son franc parlé et des relations mouvantes et tumultueuses avec le show-business et la presse. Cette biographie chronologique et très détaillée avec des interviews et des témoignages de musiciens et techniciens  ayant travaillés avec lui, nous fait découvrir un auteur-compositeur-interprète hors du commun et sans équivalent en France. Une discographie complète conclut cet ouvrage.

Vous pouvez retrouver de nombreux titres et albums de Nino Ferrer, de ses débuts en trio dans le groupe « Gottamou » jusqu’aux dernières compilations sur lecture.ardeche.fr 

Vincent

Les innombrables histoires du pantalon de Moriba

heart-2806721_640.jpgROMAN JEUNESSE

Les innombrales histoires du pantalon de Moriba
Jean-Christophe Berche, ill. de Laurence Clément
Petit à petit, 2018

En Afrique, le griot raconte des histoires qu’il adapte à son oratoire en changeant les prénoms, les lieux et ainsi les histoires varient d’une fois sur l’autre. Le pantalon de Moriba a autant de version que de griot ! Dans le même esprit ce livre, nous raconte l’histoire du pantalon de Moriba tantôt paysan, tantôt capitaine de l’équipe de foot ou encore maître d’école, un pantalon tantôt trop court, trop coloré, original ou comme tout le monde…

Le format du livre, à volets, nous permet de nous créer notre histoire de ce pantalon si célèbre.

De quoi animer de belles heures du conte et d’imaginer d’autres aventures à Moriba et à son pantalon.

Nelly