1968 a 50 ans

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Cinquantenaire de l’année 1968, cet anniversaire marque encore les esprits par les nombreux besoins idéologiques exprimés : contestation contre la guerre du Vietnam, réclamation de droit civique pour les populations noires aux Etats-Unis, mouvement hippie et libération des mœurs. De nombreuses révoltes estudiantines auront lieu dans le monde (Allemagne, Tchécoslovaquie, Italie, japon).

En France, Mai 68 est d'abord un mouvement de révolte étudiante sans précédent, né du malaise latent au sein de l'université française (critique de l'enseignement traditionnel, insuffisance des débouchés, menaces de sélection) qui aboutit sur des grèves et une crise sociale généralisée, et met en péril les sommets de l'État.

Les premiers incidents annonciateurs de la crise se produisent le 22 Mars 1968 à la faculté de Nanterre, un groupe d’étudiants réagit à l’arrestation de camarades lors d’une manifestation contre la guerre du Vietnam.

L’agitation se transporte au centre de Paris ; ce qui n'était qu'une série d'incidents devient une crise nationale. Le point culminant est atteint dans la nuit du 10 au 11 mai : étudiants et CRS s'affrontent en de véritables combats de rues (voitures incendiées, rues dépavées, vitrines brisées).

Au lendemain de cette « nuit des barricades », le pays est stupéfait. L'agitation étudiante, jusque-là isolée, rencontre alors la sympathie de l'opinion publique. Une vague de grèves s'enclenche et s’amplifie : à la révolte étudiante s’ajoutent les revendications ouvrières.

Le mouvement de mai 68 conteste la société de consommation et l'idéologie productiviste qui l'inspire, plus soucieuse de la rentabilité financière que du bonheur des hommes. Ainsi est remis en cause le modèle autoritaire, hiérarchique, bureaucratique, qui prévaut dans la famille, à l'école, dans l'entreprise, dans l'État, dans les églises.

La lutte pour les droits des femmes, la modification des valeurs morales, sociales et politiques dominantes créent l’éclosion d’une société nouvelle, toujours en questionnement aujourd’hui, par laquelle s’expriment l’art, la mode, la musique…

 • Découvrez les deux webradios mises en ligne à cette occasion : "Mai 68" et "La guerre du Vietnam en musique".
 
Une sélection de documents sur l'année 1968 :

Le livre à cœur et à corps

girl-woman-female-portrait-72.jpgParfois, les bibliothèques et les bibliothécaires sont questionnés sur leurs choix, leurs acquisitions : vous pensez que ce livre a sa place dans un fonds de bibliothèques ? Franchement ? Non, franchement ! Oui, évidemment que nous pensons ! Oui, nous pensons à faire des choix en connaissance de cause entre ce que nous donnent à lire les écrivains, les éditeurs et puis les lecteurs, c'est la définition même du métier de bibliothécaire : faire le lien, ouvrir les goûts de lectures, l'étendue des possibles, tout simplement la curiosité. Faire un travail de médiation.

Gérer une bibliothèque, c'est tenir compte des envies de lire des lecteurs, c'est aussi anticiper, éveiller la curiosité, pas la curiosité malsaine et moralisatrice, non, plutôt la curiosité proche de l'heuristique : l'heuristique, c'est bien simplement faire des découvertes. La curiosité existe dans la vie, elle existe aussi à la bibliothèque.

Car voyez-vous, la bibliothèque n'est rien d'autre qu'un lieu de vie, tout ce qui fait partie de la vie peut être finalement présent à la bibliothèque. À l'exclusion des idées extrêmes qui blessent ou tuent l'humain et nos parts d'humanité.

Aujourd'hui, nous n'en sommes plus à parler de censure, mais à parler plutôt de sensure. C'est un mot fabriqué par l'écrivain Bernard Noël. La sensure, c'est la privation de sens : et le sens est divers, ouvert : philosophique, psychologique, religieux, sociétal, linguisitique, scientifique, artistique, sportif, littéraire, historique, géographique… Tout bouge dans notre vie et notre monde. Une bibliothèque ne peut rester à l'écart ! La sensure, c'est aussi la privation des sens. Mais pourquoi s'interdire ses désirs, ses goûts. Il nous faut prendre le livre à cœur et à corps. La bibliothèque donne du sens et des sens à la vie ! Alors, quoi ? Donnons dans le sens, donnons dans les sens aussi.

Nous aimons ces mots de Bernard Noël : Ainsi découvre-t-on que l'ordre moral vise à raturer en tout être, en toute chose, sa matérialité… Est-il un vivant qui se contente de l'esprit ? Et qui puisse penser autrement qu'avec son corps ?

Osons la rencontre avec chaque livre et autre média !

Jean-Gabriel Cosculluela

C'est culotté ! Sélection jeunesse

C'est culotté ! Sélection adulte